| La vision de Transfaires |
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Pour un développement partagé, durable et interculturel Pour Transfaires, il est impossible donner des réponses simples à des questions aussi compliquées que le sous-développement. Nous voulons analyser chaque situation à l'aide d'un cadre de référence précis et souple, qui tienne compte de tous les facteurs: économiques, sociaux, culturels, etc. Cela nous permet de développer une action adaptée à ces situations et qui bénéficie au plus grand nombre. Et autant au Nord qu'au Sud. Depuis la décolonisation, différents modèles de développement sont proposés aux nations les plus pauvres. Chacun d'eux met en évidence des causes simples au sous-développement des pays du Sud: la présence d'une culture traditionnelle peu propice à l'économie, des structures économiques inadéquates, etc. Ils proposent aussi des remèdes: l'adaptation de la société aux modes de pensées occidentaux, l'ouverture des frontières, etc. Pour Transfaires, ces modèles sont limités: ils ne rendent pas compte de la réalité. Les solutions qu'ils proposent ont souvent aggravé la situation des pays concernés. Pour nous, les raisons pour lesquels ces pays sont restés peu développés sont nombreuses; il serait impossible d'en dresser une liste complète! S’inscrire également dans la singularité de chaque paysPour TRANSFAIREs, la seule manière d'analyser le sous-développement est de l'examiner de manière multidisciplinaire, en tenant compte de toutes les causes d'origines sociales, politiques, économique et culturelles. Chaque pays possède sa propre histoire et originalité. Certaines causes, bien sûr, sont communes à plusieurs d'entre eux et demandent des réponses identiques comme, par exemple, l'allègement voire la suppression des dettes ou la modification des règles du commerce mondial. Mais notre association souligne avec force qu'un modèle de développement doit s'inscrire dans la singularité propre à chaque pays. Cependant, nous ne tombons pas dans l'excès inverse qui serait d'affirmer que toutes les causes sont relatives et qu'il est impossible d'analyser le sous-développement. Bien au contraire, nous nous efforçons d'analyser chaque situation, mais au moyen d'un cadre de référence à la fois précis et souple. A partir de là, nous pouvons déployer des initiatives qui s'appuient sur tous les acteurs qui désirent contribuer à un projet sociétal de développement partagé, durable et interculturel.
Peuples et gouvernements du Nord et du Sud: une destinée communeNord et Sud sont liés par une même destinée! Si le Nord connaît un essor économique favorable, il doit petit à petit abandonner l'illusion d'une croissance infinie. Il lui faut aussi repenser les relations qu'il entretient avec les autres peuples, faire face aux déséquilibres écologiques, gérer la diversité au sein de ses sociétés, etc. Il devient de plus en plus évident que les peuples du Nord et du Sud doivent faire face ensemble aux dangers qui pèsent sur eux. Une coopération au développement au Nord comme au SudTRANSFAIREs n'envisage pas la coopération au développement comme un flux du Nord vers le Sud, mais comme un espace d'échange diversifiés et égalitaire. La question n'est donc plus de savoir ce que le « Nord » peut apporter au « Sud » mais bien ce que chacun d'eux peut apporter à l'autre. Cette conviction n'est pas un a-priori idéologique: elle se fonde sur l'observation des relations entre des communautés et des peuples d'appartenances différentes. Ces études amènent à cette conclusion: les conflits d'ordre communautaire ne sont pas insolubles. Bien au contraire, ces relations peuvent générer des apports positifs et permettre un enrichissement économique, social et culturel tant des populations qui les accueillent que des populations d'origine. TRANSFAIREs veut donc mettre en place une coopération au développement partagé, durable et interculturel au Nord comme au Sud. Ces actions sont fondées sur la réciprocité, le don et le contre-don. Nous affirmons qu'il existe un lien entre les peuples du Nord et du Sud, lien basé sur des besoins communs et qu'il est possible de satisfaire par des actions communes. Ces liens se développent dans des espaces de frottement: des conflits y naissent mais y sont aussi résolus; leur résolution améliore le bien-être de chacun. Une coopération aux déclinaisons multiples dont celle du co-développement«La coopération au développement partagé, durable et interculturel » peut être initiée par de nombreux acteurs du «Nord» et des «Pays-Tiers»:
Parmi toutes ces initiatives, celles qui se regroupent autour du «co-développement », méritent une attention toute particulière. Le Co-développement: une forme d'aide à laquelle Transfaires porte attentionClassiquement, les migrants apportent de l'aide uniquement à leur famille d'origine. Cette aide est souvent nécessaire pour le bien-être du migrant ou lorsque sa situation ne lui permet pas de dépasser ce cadre limité. On parle de co-développement lorsque ces migrants veulent élargir l'aide qu'ils apportent à une communauté plus vaste. Les migrants vivent dans un double espace: ici et là-bas. Habitués à jongler entre deux cultures, deux pays, deux réalités, ils disposent d'un regard novateur et de savoirs spécifiques à la fois sur leur pays d'origine et celui d'accueil. Lorsqu'ils en prennent conscience, les migrants peuvent jouer un rôle essentiel dans la mise en oeuvre d'actions qui s'inscrivent dans cette nouvelle forme de coopération partagée, durable et interculturelle. Cet enrichissement est une chance autant pour leur communautés d'origine que pour eux-même: cela donne du sens à leur trajet migratoire et favorise leur intégration dans le pays d'accueil. Cela offre à leur concitoyens du Nord comme du Sud l'opportunité de s'ouvrir à de nouvelles réalités multiculturelles et de s'interroger sur le lien qu'ils ont avec le monde entier.
Valoriser les savoirs pertinents et novateurs au Nord comme au SudTRANSFAIREs est présente depuis plusieurs années sur le terrain de la coopération tant en Belgique que dans le Sud. Elle entretient des liens étroits avec l'IRFAM (Institut de Recherche, Formation et Action sur les Migrations) et développe des partenariats avec d'autres organisations de coopération, notamment via le réseau EUNOMAD (European Network on Migrations and Development). Certaines de ces associations sont très actives dans le domaine du co-développement. Ces partenariats ont permis d'acquérir des savoirs-faire, des outils méthodologique et les dispositifs théoriques indispensables pour repenser la problématique du développement. TRANSFAIREs souhaite aujourd'hui obtenir les moyens de conforter son action en accompagnant tous les acteurs qui souhaitent avoir une action dans le co-développement, et en forgeant de nouveaux outils méthodologiques et analytiques qui valorisent les savoirs pertinents au Nord comme au Sud. |