Co-développement en Wallonie

Quelles sont les pratiques de co-développement en Belgique? Qui sont les acteurs du co-développement, que font-ils? Quels sont leurs ressources et leurs besoins? Ce sont les questions auxquelles Altay Manço et Claudia Florio ont voulu répondre.

Avec le soutien de la Région Wallonne, deux chercheurs de l'IRFAM (Institut de Recherche, Formation et Action sur les Migrations, une association-soeur de TRANSFAIREs au sein du collectif Harmoniques) ont rendu en octobre 2009 un recensement des visions et des acteurs associatifs impliqués dans le co-développement.

Les pratiques, discours, besoins et ressources de ces acteurs ont été identifiées et systématisées au travers de rencontres avec 31 responsables d'associations différentes et de données venant de 156 autres acteurs recensés. Il en ressort un profil général des actions de co-développement en Belgique francophone; profil utilisable pour pouvoir les améliorer.

Les migrations: un trajet complexe

De plus en plus, les migrations apparaissent comme un phénomène complexe: elles ne sont plus vues comme le trajet d'un migrant d'une zone « A » vers une zone « B ». Il semble qu'elles soient bien plus complexes: les migrations engendrent une grande série de voyages, un échange continu entre différents espaces: les pays d'arrivées, ceux de transit et les régions d'accueil. Il y circule des personnes, bien sûr, mais aussi des biens et des idées.

Le migrant peut aussi jouer un rôle de « pont » et permettre, également à son pays d’accueil, un développement culturel, social et économique en rapport avec le Sud ; une autre conscience et une nouvelle sensibilité peuvent jaillir de ce rapport nouveau entre les peuples du Nord et les peuples du Sud.

Une forme « nouvelle » de développement

Le co-développement est une expression relativement nouvelle, complexe et polymorphe de solidarité qui sous-entend une coopération entre entités privées et publiques situées dans des régions ou dans des pays différents.

L'étude réalisée par l'IRFAM permet de mettre en évidence quelles sont les pratiques, sur les terrains, des acteurs du co-développement. 850 items ont été sélectionnés dans la littérature sur le co-développement, puis systématiquement appréciés pour chacune des 156 associations analysées.

Cela a permis, par exemple, de mettre en évidence les activités de « pont » entre les différents espaces. Les actions se déroulent sur deux territoires séparés; des démarches sont mises en oeuvres pour les relier les unes aux autres. Le migrant devient un agent de liaison: sa double appartenance (au Nord et au Sud), ses connaissances de différentes cultures, son parcours, ... font de lui une interface des projets de co-développement.

Autre constat: ces projets sont généralement portés par une petite quantité d'acteurs intimement liés: originaire de la même région, voire du même village, etc. Ils portent des projets qui visent à contribuer au bien-être de leur localité d'origine. Mais dans un même mouvement, les projets sont caractérisés par des collaborations avec d'autres organisations: appuis spécialisés sur le terrain, aide matérielle, ...

Les capacités en gestion des tensions et des conflits de tout ordre sont un facteur essentiel de la réussite du projet. En effet, par définition, différentes cultures (cultures institutionnelles, ethniques, professionnelles) y co-existent.

Les conclusions de ces études permettent d'envisager des pistes d'actions pour soutenir les effets positifs du co-développement: offre de formations, sensibilisation des acteurs, renforcement des capacités des associations, etc.

Lire le résumé - Extraits - Page correspondante sur le site de l'IRFAM

L'étude sera présentée le 18 décembre 2009 au public lors de la journée de lancement de la plate-forme belge en co-développement, à l'association « Le Monde des Possibles », rue Grétry 141 à 4000 Liège.