| Le projet mokpokpo : une approche participative et un accompagnement dans la gestion des diversités |
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Le projet "MOKPOKPO" a été initié" au milieu des années 90. En 2002, TRANSFAIREs a décidé de le soutenir. Son appui d'abord discret s'est accru au fil du temps. A ce jour, les efforts sont orientés vers la construction d'un foyer culturel et d'une bibliothèque, la finalisation des infrastructures touristiques "GODODO" et le déploiement d'activités génératrices de revenus. Ces dernières sont apparues indispensables suite à un triple constat : les communautés éprouvent des difficultés pour prendre en charge leur quote-part des coûts du dispensaire, certains villageois(es) n'arrivent pas à payer les enseignants et les prestations médicales qui leur sont fournies et il s'avère impossible de développer une gestion durable de l’environnement tant que la coupe du bois reste un moyen incontournable pour assurer la subsistance d'une partie de la population. Une enquête approfondie appelée "Photos-villages" a donc été menée entre janvier et mars 2008 auprès de tous les habitants de la zone. Elle a permis d’adapter et réorienter l’action de développement entreprise et amené un changement de notre partenaire local. L'ONG togolaise IDH ("Investir Dans l'Humain") suit désormais le projet sur le terrain. L'enquête "Photos-Village"Initialement l’enquête visait à recenser les enfants non scolarisés et comprendre les raisons de leur absence à l’école. Son objet a été rapidement étendu à d’autres objectifs : réunir des données objectives sur chaque village et déterminer pour chacun d’entre eux quels sont les besoins prioritaires de la population. Elle a été réalisée de janvier à mars 2008.
10 thèmes ont été retenus et ont servi de fils conducteurs : historique du village, organisation sociale, géographie et ressources naturelles, activités économiques, éducation, situation sanitaire, vie culturelle, infrastructures socio-communautaires, habitat et les trois besoins prioritaires du village. Les données récoltées ont été complétées et validées par les habitants de chaque village réunis en « assemblée populaire ». Une réunion « inter-villages » s’est ensuite tenue. Les délégués de chaque village ont exposé les trois besoins prioritaires de celui-ci. La discussion a permis d’en retenir quatre pour toute la zone d’Hepké: scolarisation des enfants, développement d’activités génératrices de revenus, accès à l’eau potable et amélioration des voies de communication (pistes). De ces quatre besoins prioritaires, il a été finalement décidé d’accorder le maximum d’attention aux activités génératrices de revenus. Celles-ci permettent, à terme, de rencontrer les trois autres et d'asssurer les moyens financiers nécessaires aux villageois pour prendre en charge le fonctionnement des écoles et du dispensaire. Les communautés villageoises sont les véritables actrices du changement. Elles sont accompagnées par une ONG localeLa réalisation de l'enquête « Photos-Villages » traduit une des facettes de l'approche de coopération de TRANSFAIREs. Toute action de développement doit être précédée par une analyse circonstanciée des réalités vécues par les communautés, une identification rigoureuse de leurs besoins et des facteurs internes et/ou externes qui les empêchent de les recouvrir. Pour que cette analyse soit pertinente et pour qu’elle puisse se traduire en initiatives concrètes, la participation active et permanente des communautés est indispensable. Ce sont elles qui sont les actrices du changement et non TRANSFAIREs ! Cela dit, elles ne sont pas seules. Une ONG togolaise les accompagne. Elle est le partenaire de TRANSFAIREs qui l'a choisie en fonction de critères précis : connaissance des réalités, posture valorisant l’écoute, le dialogue et la mobilisation des ressources locales, gestion rigoureuse des fonds alloués, compétences techniques etc. TRANSFAIREs quant à elle, apporte un soutien financier et oeuvre au renforcement de l'ONG locale tant au niveau méthodologique que dans son action de "gestion des diversités".
La réussite d'un projet de développement dépend de la capacité des acteurs à s'inscrire dans le changement.En effet, tout projet de développement naît du constat effectué par une communauté qu'elle n'est plus capable, à elle seule, d'assurer ses besoins fondamentaux. Des facteurs internes et externes ont rompu l’état d’équilibre dans laquelle elle se trouvait et menacent son existence. C’est pourquoi, la réussite d’un projet de développement dépend aussi si ce n’est surtout de la capacité des différents acteurs qui la composent de créer un nouvel état d’équilibre qui soit à la fois satisfaisant pour toutes les parties et pertinent pour résoudre les difficultés auxquelles elle est confrontée. Ce passage d’un « état à un autre » ne se réalise pas du jour au lendemain. Il s’agit d’un processus complexe et laborieux qui amène les acteurs modifier leur organisation sociale et/ou politique et/ou économique et à se forger de nouvelles représentations culturelles du rôle et de la place de chacun.
Un processus lent et complexe permettant une modification des rôles et de la place de chacun dans la communautéConcrètement, dans la zone d’Hepké, les communautés ne pouvaient trouver de solutions à leurs problèmes sans la participation active, nombreuse et responsable des jeunes et des femmes non seulement dans la réalisation des initiatives mais aussi dans leur élaboration et gestion. Or, cette participation se heurtait aux représentations culturelles dominantes qui confinaient ces deux « catégories » d’acteurs à des rôles socialement effacés et subalternes. Il a donc fallu que l’ONG locale avec le soutien de TRANSFAIRESs soit à même d’accompagner les communautés dans ce processus de modification de leurs conceptions de la place et du rôle de chacun. Le fait que bon nombre de jeunes et de femmes soient intéressés par une plus grande implication dans la vie collective ne suffisait pas. Encore fallait-il obtenir l’assentiment des aînés et des hommes ainsi que des chefferies locales qui détenaient jusqu’alors l’ensemble du pouvoir de décision. Des solutions originales ont permis de lever les blocages. Les jeunes et les femmes peuvent désormais assumer des responsabilités tout au long des différentes étapes de réalisation des initiatives de développement à condition que les chefferies locales restent les seules habilitées à les désigner lorsque leurs responsabilités s’avèrent d’ordre gestionnaire. Il s’agit d’une expression syncrétique du changement puisqu’un nouvel équilibre s’installe composé d’éléments traditionnels, les chefferies disposent toujours d’un pouvoir de désignation et d’éléments nouveaux, l’émergence progressive de nouveaux acteurs, les femmes et les jeunes, dans la vie sociale, économique et politique. Cette configuration inédite a été rendue possible grâce à un travail de médiation et de négociation interculturelle et plus globalement de "gestion des diversités" auxquelles TRANSFAIREs a apporté sa contribution.
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